- RAFALE DE BALLES DANS LES AMYGDALES -
Il est 21h08 exactement, & j'ai passé de nombreux précieux instants à tenter de laisser derrière moi les pensées noires de mon esprit qui lui appartiennent. Quatre murs m'encerclent, & m'étouffent en resserrant mon crâne prêt à imploser. Ces mêmes murs imprégnés de son odeur, & de nos corps allant d'un mur à l'autre, se déchirer au contact brûlant de la réalité du monde extérieur. J'ai toujours tout fait pour éviter que mon regard se perde à travers les vitres: censées être le seul exutoire possible, oh & si cela pouvait être vrai. Depuis maintenant des jours, mon esprit s'est arrêté laissant à ce trou béant, le choix de m'anéantir dans un long silence. Tu as réussi à me tuer sans te salir les mains. Je te vois, pour la énième fois, partir sans te retourner, en me laissant là, seule, au milieu de la route. Mes yeux délavés, le nez saccagé, & les marques d'égratignures de nos âmes en peine. C'est à ce moment précis que mon corps avide se laissa tomber, s'écrasa sur mes genoux & que le noir complet s'installa. Désormais, je suis seule avec ma propre personne & pourtant, je ne vois rien devant moi. C'était ça: le vide, le néant en face de ce corps las & meurtri. Tu l'avais dis pourtant, que ce n'était que des massacres sans fins, on aimait cela. Aujourd'hui, mon c½ur lacéré est entre tes mains, mes esprit se sont perdus dans ton allée, & mes yeux continuent les silences infinis.
Il est maintenant 21h40 & j'ai encore tourné en rond.


